Centre-de-la-Mauricie, Mékinac

Ensemble, aidons-nous à prévenir le suicide

 

Témoignage de familles

 


Témoignage d'une mère

Auteure du livre «Ton âme, ma compagne», Gisèle Duhamel racontera que la perte d'un être cher demeure toujours une rupture douloureuse, encore plus lorsqu’elle survient suite à un suicide. «C’est un déchirement intérieur, une culpabilité omniprésente et une remise en question de notre état humain profond. J’ai eu le grand malheur de perdre ma fille par suicide. Cela m’a pris quatre ans avant de me reconstruire et de trouver un sens à ma vie. Aujourd’hui, je peux affirmer qu’il est possible de survivre à cette grande souffrance et de s’ouvrir à une nouvelle vie.», peut-on lire dans son livre.

http://giseleduhamel.weebly.com/



Témoignage de la famille Descôteaux-Brousseau

Que ce soit de près ou de loin, c’est l’ensemble d’une collectivité qui est touchée par le suicide. Ce dernier fait des ravages tout autour de lui. Il a des répercussions néfastes sur les porteurs du deuil mais surtout, il change à jamais la vie de ceux touchés par un tel drame. Vous trouverez dans ces quelques lignes, la vie basculée de quatre membres d’une même famille; une famille brisée depuis le 6 octobre dernier. Afin de mieux comprendre le mal que nous éprouvons, une mise en contexte s’impose : le 6 octobre 2010 ma mère s’est enlevée la vie en retournant une arme de chasse contre elle afin de se libérer de problèmes de jeu pathologique. À ce moment, nous n’étions pas au courant de l’ampleur de sa détresse.

Mon père est celui qui a fait la découverte de maman étendue sur le plancher. Sans vraiment comprendre ce qui venait de se produire c’est un immense vide qui l’a tout de suite envahi. Sa compagne des 30 dernières années, sa douce moitié, son amie, son âme-sœur n’était plus. En plus du grand sentiment de vide, c’est une profonde tristesse qui s’est emparée de tout son être. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il nous a appris l’atrocité qui venait de se produire. Rapidement la tristesse et le sentiment de vide se sont entremêlés de colère, de culpabilité. Une colère indescriptible et une culpabilité menant à un état plutôt dépressif. La culpabilité de ne pas avoir su, celle de ne pas avoir vu la détresse de maman. La culpabilité de ne pas avoir décodé les signes précurseurs… C’est à ce moment que papa a pris la décision de faire appel au centre prévention suicide de Shawinigan. Il a donc débuté une thérapie avec madame Rivard, une  intervenante empathique qui l’amène à progresser et à mieux vivre les différentes étapes du deuil. Près de huit mois après le départ précipité de maman, la douleur est toujours aussi atroce, papa s’efforce quotidiennement à poursuivre sa route sans elle, il travaille fort en thérapie afin de retrouver un certain équilibre, il est confronté chaque jour à son isolement : un isolement qui devient à la longue un moyen de survie. La curiosité des gens et les rumeurs affligent la guérison de papa qui se tourne vers l’isolement plutôt que de devoir affronter les questionnements et le manque d’habileté de certains dans de telles circonstances. Malgré ses nombreux efforts, il n’en demeure pas moins qu’il y a 24 heures dans une journée, où elle lui manque.

Du haut de ses 77 ans, ma grand-mère s’est littéralement effondrée à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Ma mère était toujours là pour elle, elle était son poteau de vieillesse comme on pourrait dire. Grand-maman aurait tellement voulu être là pour lui venir en aide, elle aurait tellement voulu que rien ne ce soit passé. Elle en voulait énormément à maman de ne pas avoir eu le courage de se battre et de parler ouvertement de son problème. Étant d’une autre génération, le suicide était pour elle, honteux. Au tout début, elle était incapable de prononcer le mot suicide, ni même de parler des circonstances du décès ou de la problématique qu’avait maman. Quand elle a appris la nouvelle, elle s’est isolée pendant près d’un mois, avant d’être en mesure de reprendre ses activités quotidiennes. Heureusement, elle a un groupe d’amis sincères à qui elle parle et avec qui elle réussit à se changer les idées. Aussi, elle et papa se supportent mutuellement dans cette épreuve. L’incompréhension, le désarroi, la tristesse, la colère, sont toujours des sentiments présents chez ma grand-mère. Toutefois la rancune qu’elle avait envers maman a récemment cédé la place au pardon. Un pardon difficile à accorder quand la blessure est toujours aussi à vive.

Le premier sentiment que mon frère et moi avons eu c’était de ne pas y croire. Tout semblait si irréel, si peu probable. Jamais nous ne sommes préparés à une telle éventualité. D’un seul coup, elle venait de tomber de son piédestal. Mais pourquoi n’avait-elle pas eu le courage de nous faire assez confiance pour que nous puissions l’aider? Mais pourquoi nous abandonnait-elle quand nous avions toujours autant besoin d’elle? Que d’incompréhensions… Au départ, nous nous sommes sentis floués, manipulés. Nous étions littéralement anéantis par le départ de notre mère. Mon frère a toujours été celui qui était le plus proche de maman, celui qui lui ressemblait le plus. Étant aussi celui qui a le plus de mal à vivre ses émotions et à les nommer, il est assurément celui pour qui les étapes du deuil lui demande une plus grande persévérance et un plus grand travail sur soi. Malgré tout, il apprend à en parler, à son rythme, avec l’aide de madame Rivard. Nous sommes vraiment fiers de l’aide qu’il demande et de la grande force de caractère avec laquelle il surmonte tant bien que mal cette épreuve. De mon côté, ma vie a basculé. Au départ, je lui en ai beaucoup voulu de m’obliger à jouer son rôle auprès de la famille. Je me sentais obligée d’être à sa hauteur, de jouer la petite fille forte pour supporter les autres membres de ma famille, d’oublier ma propre peine afin d’être là pour les miens. C’est quand je suis retournée vivre chez moi, que j’ai appris à vivre avec ma peine. Parce qu’il s’agit d’un énorme défi que d’apprendre à vivre sans sa mère, qui avec les années, était devenue aussi une véritable amie. Malgré tout, le pardon s’est effectué rapidement, je suis incapable d’en vouloir à ma mère qui a été si bonne pour moi. Par contre, j’aurais voulu la garder près de moi encore de nombreuses années. Je suis convaincue que de là-haut, elle veille sur nous et qu’elle met sur notre route du positif afin de nous aider à progresser tout ensemble. Merci Maman  de demeurer présente en nous, on t’aime xxxx

Famille Descôteaux-Brousseau

Témoignage d'un fils

Salut pa,

J'aimerais tant que tu reviennes. Je ne sais qu'est-ce qui t'a pris à te suicider. Je pense constamment à toi. Je m'ennuie, j'attends que tu reviennes. Je suis sûr que tu vas revenir. Tout ces choses que j'ai fait je veux les recommencer avec toi. Mais comme tu n'es pas là je ne pourrai pas. Tu ne peux savoir comment tu m'as fais de la peine. Comment tu m'enrage, tu ça pour dire que je t'aime et t'aimerai toujours. Tu aurais pu te racheter tu m'as déçu quand tu volais et que tu prenais de la drogue. Mais ce n'est rien à côté que tu meurs, par exprès, dire que tu ne voulais plus avoir des moments avec moi, Joe, Cat et ma. C'est tout ce que tu voulais nous mettre ta souffrance. Je m'ennuie autant que je t'aime, je ne sais pas mais l'acte que tu as commis fait que tu m'as abandonné. Ça fait comme si j'avais plus de père pour parler entre gars. J'T'aime.Pourquoi t'es parti? Pourquoi c'est t'arrivé à toi à moi? Cela personne ne peut y répondre.

 

JE t'aime x

1000 000xxxxx